Est-ce grave ?
La donovanose n'est pas une urgence vitale, mais non traitée elle s'étend progressivement, détruit les tissus génitaux et peut causer des déformations irréversibles (pseudoéléphantie des organes génitaux, rétrécissements cicatriciels). Une extension extra-génitale (os, foie, rate) est possible dans les formes très avancées. Traitée correctement, la guérison est obtenue dans la grande majorité des cas.
Quand consulter ?
Consultez votre médecin ou un centre de soins IST si :
- Vous revenez d'une zone endémique et présentez des lésions génitales ulcérées qui ne guérissent pas.
- Des ulcères génitaux s'agrandissent progressivement, sont indolores et saignent au contact.
Qu'est-ce que la donovanose ?
Klebsiella granulomatis est une bactérie Gram-négatif intracellulaire (qui vit à l'intérieur des cellules de défense — les macrophages). Après inoculation lors d'un rapport sexuel avec une personne infectée, la bactérie provoque une lésion papuleuse (bouton) qui s'ulcère progressivement. L'ulcère est caractérisé par sa couleur rouge vif ("rouge viande de bœuf"), sa surface granuleuse, ses bords nets surélevés et sa tendance à saigner au contact. Contrairement à la syphilis (autre ulcère génitale à bord nets), l'ulcère de la donovanose est indolore mais très extensif. Les ganglions inguinaux (dans le pli de l'aine) sont souvent peu ou pas augmentés — contrairement à d'autres IST.
Quels sont les symptômes ?
Lésion initiale : papule ou nodule indolore, apparaissant 1 à 12 semaines après le contact sexuel. Évolution vers un ulcère : rouge vif, saignant facilement au contact, à surface granuleuse, bords nets. Ulcères progressivement extensifs, non douloureux (contrairement à l'herpès génital). Localisation : gland, prépuce, vulve, vagin, col utérin, périnée, région anale. Pas d'adénopathie (ganglions) inguinale inflammatoire franche — mais possibles "pseudobubon" (tuméfactions sous-cutanées sans adénopathie). Formes hypertrophiques (bourgeonnement exubérant), nécrotiques, sclérotiques ou extra-génitales dans les formes avancées.
Comment le diagnostic est-il posé ?
Frottis/biopsie de l'ulcère : mise en évidence des corps de Donovan (K. granulomatis à l'intérieur des macrophages, colorés par Giemsa ou Wright) — signe pathognomonique. La culture est très difficile en routine — rarement réalisée. PCR sur prélèvement : en développement dans certains centres — plus sensible. Diagnostic différentiel à éliminer : syphilis primaire (TPHA/VDRL), chancre mou (H. ducreyi), herpès génital (culture virale ou PCR HSV), lymphogranulome vénérien (sérologie Chlamydia).
Quels traitements peuvent être proposés ?
Azithromycine orale : 1 g en dose de charge le 1er jour, puis 500 mg par jour — pendant au minimum 3 semaines et jusqu'à guérison complète des lésions (souvent 3 à 6 semaines). Doxycycline : 100 mg 2 fois par jour, même durée — alternative. Cotrimoxazole (triméthoprime-sulfaméthoxazole) : alternative en cas de contre-indication aux précédents. Ciprofloxacine ou érythromycine : autres alternatives. Le traitement doit être poursuivi jusqu'à guérison complète des lésions — pas d'arrêt à date fixe. Le ou les partenaires sexuels doivent être dépistés et traités si nécessaire.
Quel spécialiste consulter ?
- Centre IST ou dermatologue : diagnostic et traitement.
- Infectiologue/médecin des maladies tropicales : formes avancées ou atypiques.
- Médecin généraliste : orientation initiale.
Comment préparer sa consultation ?
Mentionnez l'histoire de voyage (pays visités, durée). Décrivez la lésion (depuis quand, taille, douloureux ou non, évolution). Signalez tous les rapports sexuels récents et avec qui (pour le contact-tracing). Listez tout traitement antibiotique déjà pris.
Questions fréquentes
La donovanose est-elle contagieuse lors de rapports protégés ?
Le préservatif réduit significativement le risque de transmission mais ne l'élimine pas complètement — les lésions peuvent déborder sur des zones non couvertes par le préservatif (périnée, base du pénis, vulve). L'abstinence jusqu'à guérison complète des lésions est recommandée. Les partenaires sexuels récents (dans les 60 jours précédant le diagnostic) doivent être examinés et traités si des lésions sont présentes.
Peut-on avoir la donovanose et une autre IST simultanément ?
Oui — les co-infections IST sont fréquentes. Un ulcère génital augmente significativement le risque de transmission et d'acquisition du VIH. Toute personne diagnostiquée avec une donovanose doit bénéficier d'un bilan IST complet (sérologie VIH, syphilis, hépatites B et C, chlamydia).
La donovanose peut-elle récidiver après traitement ?
Des récidives sont possibles, notamment si le traitement est insuffisamment long ou si une réexposition survient. C'est pourquoi le traitement doit être poursuivi jusqu'à guérison complète et non arrêté à une date fixe. Un suivi clinique à la fin du traitement est recommandé.
La donovanose est-elle dépistée dans les bilans IST classiques ?
Non — les bilans IST standard (chlamydia, gonorrhée, syphilis, VIH) ne comprennent pas de recherche systématique de K. granulomatis. La donovanose est évoquée cliniquement (ulcère génital indolore extensif) et confirmée par biopsie ou frottis chez un patient ayant fréquenté une zone endémique. Il faut mentionner les voyages à risque au médecin lors d'un bilan IST.
Quelles régions du monde sont endémiques pour la donovanose ?
Les principales zones endémiques sont l'Inde et l'Asie du Sud, certaines régions d'Afrique subsaharienne (notamment Afrique du Sud, Zimbabwe), la Papouasie-Nouvelle-Guinée, les Caraïbes (Guyane, Antilles), le nord de l'Australie et certaines régions du Brésil. Elle est extrêmement rare en Europe occidentale et en Amérique du Nord.
Les cicatrices laissées par la donovanose sont-elles permanentes ?
Un traitement précoce et complet limite les séquelles cicatricielles. Des formes avancées non ou mal traitées peuvent laisser des cicatrices fibreuses entraînant des déformations génitales (rétrécissements, pseudo-éléphantiasis des organes génitaux). Ces séquelles tardives peuvent nécessiter une correction chirurgicale. C'est la principale raison pour ne pas retarder le diagnostic et le traitement.
Besoin d'un avis médical ?
Si vos symptômes persistent, s'aggravent ou vous inquiètent, prenez rendez-vous avec un professionnel de santé sur Docteur360.
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